Notre terre demain

TERRE DEMAIN JPL - copie

D’une terre ravagée par des activités qui mortifient la planète : déboisement par bulldozer, écrasement par tanks, bombardement par avions, pollutions par les utilisation d’énergies fossiles d’un monde sacrifié à l’industrie et à la guerre, surgit un homme nouveau qui envoie vers la planète terre la colombe de la paix. La gradation des couleurs du monde malade vers le monde renouvelé est celle de l’arc en ciel, du plus sombre au plus clair, signe d’une nouvelle alliance entre l’homme et l’ensemble de la création. Jean-Pierre Lemaître

 LA RENCONTRE « NOTRE TERRE DEMAIN ? » a eu lieu le 30 janvier 2016 à Namur

 dans les locaux d’Henallux avec un auditoire attentif, participant et nombreux.

Dans le prolongement de l’accord de Paris sur le réchauffement climatique de fin 2015 adopté par la COP 21 et  à la suite de l’encyclique « Laudato Si ! » où le pape François lie crise écologique et crise sociale, le mouvement Eglise-Wallonie a en effet organisé une rencontre sur le thème NOTRE TERRE DEMAIN ?

Au programme :

-Accueil, présentation du mouvement et du questionnement à la source de la journée par son président Luc Maréchal ;

-Contribution de l’abbé André Wénin, professeur et ancien doyen de la Faculté de théologie de l’UCL, également professeur à Rome ;

-Contribution de Michel Maxime Egger, sociologue, de confession orthodoxe et auteur de « La Terre comme soi-même » et « Soigner l’esprit, guérir la Terre » ;

-Contribution de Valérie Xhonneux, chargée de mission à InterEnvironnementWallonie (IEW) sur les politiques menées et les enjeux à relever en Wallonie dans le contexte global actuel et à venir ;

-Contribution de Marcela Lobo, professeure invitée à l’UCL, sur l’écoféminisme latinoaméricain , à partir de la réflexion d’Ivone Gebara ;

-Contribution post-COP 21 par Jean-Pascal van Ypersele, professeur à l’UCL, membre du GIEC ;

-Des réflexions et suivis à promouvoir sur base des diverses interventions ;

-Des échanges informels et verre de l’amitié.

Le  bulletin d’Eglise-Wallonie 1/2016 est consacré au compte-rendu de cette rencontre. Un numéro de « Feuillet d’Eglise-wallonne » rassemblera prochainement de la documentation, le texte intégral d’interventions, des références …bref un document pour continuer action et réflexion tant dans la ligne de l’accord COP21 que de l’encyclique Laudato Si!

 

De nombreuses activités et conférences sont proposées, notre Forum y fait et fera écho.

Prochaine étape : RivEspérance 2016  « Habiter notre maison commune »  Namur les 4, 5, 6 novembre. Eglise-Wallonie est partenaire. 

 

Notre maison, la Planète

Réchauffement climatique, diminution de la biodiversité, réduction des terres agricoles devenant de plus en plus objet de la spéculation de groupes financiers, effets de l’industrie agroalimentaire tels que l’obésité devient un grave défi pour notre société : voilà autant d’enjeux qui ne font que prendre de l’importance, tandis que les Sommets se succèdent – Rio, Kyoto, Copenhague et bientôt Paris – avec beaucoup de discours, de tensions, peu de décisions et encore moins de mises en oeuvre de celles-ci.

Dans «LeMonde» du 23 mai 2015, on pouvait lire : « À la veille de la COP21 (Conférence de Paris sur le réchauffement climatique), les grandes entreprises affichent leur engagement dans la lutte contre le réchauffement». Et en page Une: « Les principales religions en France ont décidé d’unir leurs voix pour soutenir la Conférence de Paris sur les changements climatiques ».

Autres titres dans le même numéro : « Une encyclique sur ‘l’écologie humaine’ attendue en juin » et « Aux États-Unis, les paroisses veulent convertir les climatosceptiques ». Mais changement de registre dans le numéro du 26 mai par « L’Europe perturbée par les hormones ». En 2009, la Direction générale Environnement de l’Union européenne (DGE) avait été mandatée pour établir des normes sur les perturbateurs endocriniens (substances capables d’interférer avec le fonctionnement du système interne), vu que, selon de nombreux chercheurs, ceux-ci contribuent à l’augmentation de l’infertilité, des cancers et autres troubles du métabolisme. Mais, sous la pression du lobby américain des pesticides et de celui de la chimie, la DGE qui s’apprêtait à sortir ses règles est désinvestie de son rôle par la Commission Juncker, la nouvelle réglementation ne verra pas le jour avant 2017. Et pour faire le lien avec cet autre défi qu’est le TTIP (Traité bilatéral de promotion et de protection des investissements étrangers), l’article signé par Stéphane Foucart cite les propos des lobbyings pour qui la réglementation préparée par le DGE « apparaît en contradiction avec les négociations américano-européennes en vue du TTIP». Mais il faut relever que le Parlement wallon a demandé la suspension de ces négociations, son président, André Antoine, ayant exposé cette position de façon claire et pédagogique dans une vidéo sur le net.

Est aussi en gestation un détricotage des zones Natura 2000, tandis que vis-à-vis d’une amélioration de l’environnement, l’actuel Gouvernement régional fait preuve, à part quelques mesurettes, d’une inaction, voire d’une remise en cause des décisions prises depuis de nombreuses années.

Par contre et fort heureusement, beaucoup d’initiatives locales ou globales prises par des mouvements ou des citoyens mettent en place des projets. Cependant, sans mesures structurelles, ne doit-on pas parler de David contre Goliath ? Bien que l’Évangile nous renvoie l’image du grain de moutarde !

Dans un contexte aussi confus, où nos sentiments balancent du catastrophisme au « À quoi bon ! », Église-Wallonie veut apporter en Wallonie une pierre à la construction d’une société où hommes et femmes vivent en symbiose avec la nature, dont ils font partie, en organisant le samedi 30 janvier 2016 une journée d’étude ouverte à toutes et à tous, mais pour laquelle sont déjà et seront invités à participer des scientifiques, des théologiens et des citoyens agissants ou voulant agir.

Ainsi, face à la crise écologique, Église-Wallonie veut inviter à se situer (Voir-Juger-Agir) en tant que citoyen et chrétien – car on est humain avant d’être chrétien – en sachant bien qu’il y a des enjeux pour l’industrie et l’agriculture, du lobbying provenant de multiples intérêts sectoriels, ainsi que des difficultés pour mener une action liant technicité et spiritualité. Mais , comme l’écrit Pierre Rabhi, « les racines de la crise écologique sont en réalité spirituelles, ancrées profondément en nous ».

Pour conclure cette première invitation, voici un extrait du livre premier de l’Ancien Testament dans la traduction par André Wenin d’un passage de la Création dans la Genèse :

« Une maison sans bruit, sans mouvement. Une maison sans habitants, est-ce vraiment une maison ? Cet océan est un lieu rêvé pour toute espèce de poissons, de crustacés, d’animaux marins ! Ce ciel, quelle belle volière, espace et liberté pour les oiseaux, les papillons, tout ce qui peuple l’air ! Et voir tous ces vivants, quoi de plus beau ! Et Dieu les bénit pour qu’ils prolifèrent. Il y a un soir et puis un matin. Cinquième jour.

« L’océan et le ciel, tout débordants de vie foisonnante, osent alors arracher Dieu à son étonnement et lui disent que la terre dort encore. Qu’elle engendre comme eux toutes sortes de vivants : insectes, quadrupèdes, reptiles…Plus de nature morte ! Et Dieu imagine d’autres bêtes pour la terre, et la vie en déborde. À le voir, Dieu a le coeur en fête. Une fois sa demeure achevée, palais de vie plein de soleil, Dieu dit : ’À qui donner cette maison rêvée ?…L’humanité habitera ici’.

« Femmes et hommes, à son image, il les crée, pour confier à leur soin la gestion de la terre. En sages intendants, vous saurez créer demain le monde et sa richesse, à l’image du Dieu vivant qui donne à pleines mains. Il dit aussi : ’Maîtrisez les bêtes, mais ne les tuez pas ! Voyez les fruits des arbres, le blé, le vin de fête ; et toute verdure est pour votre vie !’.

« Et Dieu se prend à rêver d’un monde sans violence, d’une terre où l’amour serait créateur et où la ronde des vivants serait poème de jour en jour. Et Dieu contemple le monde : qu’il est beau, le chant du coeur de l’amour ! ».

Source : Bulletin d’Eglise-Wallonie, 2015/2

 

NOUVEAUTE

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