ÉDITORIAL (É-W, n°4/2007)

Les Wallons sont trop critiques, ils se dévalorisent. Ils n’ont pas conscience ou ne manifestent pas assez leurs réussites. Face à cette situation, un discours s’est progressivement construit : halte à l’autodénigrement, à l’autocritique, à l’incapacité de faire valoir ce qu’on est et ce qu’on a fait.

Le message tous azimuts est clair : positivons, manifestons nos succès et notre dynamisme. Une région qui gagne. Loin de nous les grincheux, chut les rabats joie.

Certes, il peut y avoir, il y a des propos et des attitudes que l’on pourrait qualifier de dépressives tant individuellement que collectivement.

Mais si on tentait de prendre en compte ces manifestations de mécontentement ?

La râlerie dans le champ économique, social et culturel ne serait-elle pas l’indicateur (selon ce mot-clé du « management » du secteur public ou privé où le réel est filtré par les indicateurs) d’un disfonctionnement vécu et diagnostiqué de nombreuses fois …sans qu’une action correctrice ne soit menée, ou même tentée ? N’y aurait-il pas là un gisement de nouveautés et d’innovations ?

Malheureusement, la râlerie n’est pas très correcte politiquement. Ce n’est pas une matière première valorisante. Surtout, ne touche-t-elle pas d’abord la réalité quotidienne, celle où se rencontrent le(s) désir(s) des individus et les réponses des politiques ? N’est-ce pas un des objets du débat de proximité ?

Ainsi, ce qui n’était au départ de cette écriture qu’un billet d’humeur peut devenir un éditorial politique. Osons la râlerie et entendons la. Osons l’éloge de la râlerie.


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